[Intro] Sous la pluie fine de Montmartre, Une cloche a sonné trop tard, La ville gardait dans ses artères Un cabaret sans regard. [Verse 1] J’avais deux gants troués, trois rêves dans la poche, Un nom griffé au dos d’un vieux billet froissé, La Seine sentait le fer, le tabac, la nuit proche, Et les réverbères semblaient me surveiller. Au bout d’une ruelle où personne ne demeure, J’ai vu briller l’émail d’un sourire doré, Une porte sans adresse, une serrure sans heure, Un masque au front poli par des doigts condamnés. [Pre-Chorus] Le vent disait: “N’entre pas.” Mon cœur disait: “Chante encore.” Alors j’ai posé ma voix Sur le seuil noir et or. [Chorus] Ouvre-toi, la porte après minuit, Je viens vendre mon nom contre un peu de lumière. Ouvre-toi, la porte après minuit, Si la gloire est un piège, qu’elle ait l’odeur de la pierre. Ouvre-toi, que Paris me trahisse, Je n’ai plus que ma chanson pour payer le silence. [Verse 2] Dedans, le rouge était plus rouge que les blessures, Les rideaux pendaient lourds comme un secret royal, Un piano noir dormait sous des roses impures, Et son bois respirait un parfum de scandale. Des portraits de chanteurs me suivaient de leurs lèvres, Des coupes renversées saignaient sur le parquet, Un homme en velours sombre a souri sans fièvre: “Bienvenue, mon garçon, le public vous attendait.” [Pre-Chorus] Sa main froide a pris mon bras, Son rire avait goût de vin noir. Il m’a dit: “Ici, chaque voix Devient belle avant le soir.” [Chorus] Ouvre-toi, la porte après minuit, Je viens vendre mon nom contre un peu de lumière. Ouvre-toi, la porte après minuit, Si la gloire est un piège, qu’elle ait l’odeur de la pierre. Ouvre-toi, que Paris me trahisse, Je n’ai plus que ma chanson pour payer le silence. [Instrumental Break] Accordéon, piano, tambour de velours, La salle respire et retient son amour. [Bridge] J’ai vu dans un miroir mon visage plus pâle, Comme si mon reflet avait chanté avant moi. Une femme sans âge murmurait dans la salle: “Tout applaudissement laisse une trace aux doigts.” [Build-up] Un rideau s’est levé, Un tonnerre a grandi, Ma bouche a tremblé, Puis j’ai choisi. [Final Chorus] Ouvre-toi, la porte après minuit, Je viens perdre mon nom pour gagner la lumière. Ouvre-toi, la porte après minuit, Que la scène me prenne, que le ciel me préfère. Ouvre-toi, que Paris me trahisse, Je donne ma première note à ton vieux silence. [Outro] Et dans le noir du premier rang, Quelqu’un comptait déjà mes ans. La porte s’est fermée sans bruit, Après minuit.